Le géant des recherches sur la toile et jadis modèle d’entreprise informatique, Google, se trouve dans le collimateur d’une affaire sur la privauté de l’information qui pourrait détruire l’image de cette entreprise à tout jamais. Larry Page, le cofondateur de Google, nous avait presque dupés pendant cette dernière décennie, qui vit l’entreprise s’hisser jusqu’en haut du royaume virtuel. Célébré comme le modèle de réussite autour d’une idée, présenté comme une société détendue et cool où les employés jouaient au pingpong, archétype de l’informatique comme moyen de progrès ; aujourd’hui elle se trouve accusée d’usurpation d’information, concurrence malhonnête et violation à la privauté de ses usagers. Est-ce la fin de ce géant informatique ?

 

Cela aurait pu se passer autrement… Les petites voitures de Google qui se trimbalaient partout dans le monde et prenaient des chouettes petites photos de nos rues pour créer le Google Street View ; on aurait pu en rester là. Qui n’avait pas de la sympathie pour ce projet attirant et utile ? Hormis les paranoïaques de toujours, ceux qui crient à tout va qu’il y a de conspirations à tous les coins, la majorité de la population avait accepté cette récollection d’information de la part de Google.

 

Sauf que, cette fois-ci, les « paranoïaques » avaient raison. Saviez-vous que, hormis le fait de prendre de photos de la rue, la petite voiture de Google se dédiait à vous espionner ? Qu’elle volait vos courriers électroniques, regardait et copiait vos interactions sur les réseaux sociaux, stockait vos photos, mots de passe, messages privés…

 

Étonnés ? Vous n’avez pas encore entendu la fin de l’histoire. Non seulement Google nous a surveillés tous, sans nous demander la permission et qu’elle a copié nos données privées, mais ceci était voulu, programmé et planifié depuis la direction de l’entreprise.

 

Car lorsque cette nouvelle a vu le jour et que le scandale a éclaté chez Google, l’entreprise s’est d’abord défendue feignant ignorance, justifiant cette prise, manu militari, de nos données, comme une erreur isolée.

 

« Un ingénieur isolé –expliqua Google–, travaillait sur un logiciel expérimental destiné à recueillir des informations sur les réseaux Wifi à proximité. Le code qu’il a écrit s’est vu malheureusement introduit dans le logiciel des Google Street Cars, qui ont donc commencé à stocker l’information sur nos serveurs protégés ».

 

Sauf que cela n’est pas vrai, comme ont constaté plusieurs organismes régulateurs et protecteurs de l’information et de la vie privée en Europe et aux États-Unis. Ces organismes avaient déjà interpelé Google à cause de ses pratiques malhonnêtes envers les résultats de recherches sur google.com. Selon ceux-ci, Google donnait une place avantageuse à certaines pages, qu’elle plaçait en haut des résultats de ces recherches, en détriment de véritables pages souhaitées.

 

C’est pourquoi ce nouveau scandale, nommé « la plus grande violation de la privauté du public dans l’histoire de l’humanité », peut causer de graves dégâts pour l’entreprise, dont l’image ne fait que se dégrader depuis quelques années. Avec son échec dans les réseaux sociaux, ses pratiques douteuses dans la récollection d’information, ses résultats de recherches orientés par le favoritisme et maintenant, le vol des courriels, photos et échanges privés, Google pourrait bientôt disparaître de la scène informatique pour devenir une espèce de Microsoft : géant, mais pas vraiment relevant.

Écrivain des romans de fiction en français et en espagnol. Scénariste. Réalisateur de courts-métrages. Journaliste gonzo. Bloggeur. Poète maudit. http://www.ghettoparisien.com/ ...




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