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Google et Safari

Par Vicente Ulive-Schnell le 20 févr. 2012 06:43:01 - First article

Un nouveau scandale de privauté vient de secouer le géant des recherches sur Internet, Google. L'entreprise a été découverte en train de changer les propriétés de privauté sur le navigateur Safari de chez Apple, sans demander ni aux utilisateurs ni à Apple leur permission. Ceci se passe à niveau des "biscuits" ou témoins de connexion que les ordinateurs enregistrent lorsqu'un visiteur arrive sur une page. Les "biscuits" permettent à la page d'établir certains critères pour identifier le visiteur et pouvoir ainsi produire un registre du temps qu'il a passé sur le site, de l'activité spécifique et des liens consultés. C'est pourquoi certaines pages demandent d'activer les "biscuits" pour visualiser certains contenus, bien que, de nos jours, les pages puissent changer la privauté du navigateur d'elles-mêmes.

Quoi qu'il en soit, le problème est apparu lorsque Google a choisi de changer les réglages par défaut du navigateur Safari sans consulter l'entreprise. Cette pratique a été découverte par un chercheur d'une université des États-Unis, Johnathan Meyer, de Stanford. Après avoir signalé l'anomalie, Google a arrêté cette pratique.

La pratique en question était de changer les réglages de privauté sur le navigateur Safari pour permettre l'usage de "biscuits" par un tiers. C'est-à-dire, Safari ne permet pas à des tiers (comme Facebook ou Google) d'enregistrer des "biscuits" pendant la navigation, ce qui empêche les fonctionnalités des réseaux sociaux (comme les "j'aime" de Facebook ou les "+1" de Google). Google avait choisi, de manière unilatérale, de débloquer et changer ces réglages de privauté pour pouvoir y poser leurs "biscuits" et produire du contenu publicitaire.

Google a été surpris en train de passer outre cette interdiction de Safari, en se servant d'une fonctionnalité qui permet à des tiers d'écrire des "biscuits" si le navigateur croit que vous êtes en train de remplir un formulaire.

Néanmoins, il faut préciser certaines choses : Safari ne représente que 6% de la navigation sur les ordinateurs de bureau. En revanche, lorsque nous parlons de téléphones mobiles, le navigateur de chez Apple domine 50% de la toile, et son navigateur est le seul à interdire les "biscuits" d'un tiers par défaut. L'argument de Google est donc de faire appel à l'anachronisme, en disant que le navigateur Safari n'est pas à la hauteur de la navigation contemporaine. En bloquant les "biscuits" des tiers, Safari ne permet pas à Facebook de savoir si vous êtes connecté à votre compte ou d'associer la navigation à votre compte Google+. Il ne permet pas non plus d'afficher les boutons de type "j'aime" ou de partager du contenu sur un réseau social. De nos jours, ceci est le cœur de la toile : l'esprit de partage d'information est essentiel. C'est la raison qui a poussé Google à passer outre l'interdiction de Safari.

De toute façon, le pari de Google d'agir unilatéralement et sans demander la permission était risqué. Il est clair que ce n'est pas dans l'intérêt d'Apple d'aider Google et Facebook, mais ces réseaux sociaux auraient pu trouver un accord avec les créateurs de Safari, au lieu d'essayer d'infiltrer le navigateur et changer les réglages de privauté sans permission.

Ceci sera certainement le sujet d'un procès pour Google. Nous verrons bien ce que les autorités pensent de cette pratique. En tout cas, le monde virtuel est en train de changer et la privauté, le droit d'auteur et le partage de nos vies de tous les jours sont au centre de ces changements.

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