Hier, les autorités nord-américaines ont décidé de fermer la page d'échange en ligne Megaupload. Le FBI a ensuite procédé à l'arrestation des fondateurs et propriétaires du site. Ceci marque une accélération des poursuites judiciaires contre les pages qui contiennent du contenu protégé par le droit d'auteur. Même si la Maison-Blanche a mis son véto sur la loi pour le contrôle et la censure d'Internet, SOPA (Stop Online Piracy Act), les plaintes portées contre diverses pages ont suivi leur chemin.
Les détracteurs de la loi SOPA argüaient que la loi était déjà assez explicite en ce qui concerne le droit d'auteur, raison pour laquelle l'industrie américaine du disque n'avait qu'à faire appliquer la loi existante et porter plainte. Ils jugeaient que la nouvelle proposition de loi donnait trop de pouvoir aux propriétaires de contenu et portait attente à la privauté des utilisateurs. Car, si les fournisseurs d'accès étaient contraints de bloquer les pages présentant de contenu protégé par le droit d'auteur, des sites comme YouTube et Twitter ne pourraient plus fonctionner.
En tout cas, la loi des États-Unis a frappé fort : ils ont fermé la page, basée à Hong Kong, et ils ont arrêté 7 personnes liées à Megaupload. L'un d'eux était le fondateur de Megaupload, Kim Schmitz, qui résidait entre Hong Kong et Auckland (Nouvelle-Zélande). C'est dans ce dernier pays que la police l'a arrêté. Son avocat dénonce une procédure expéditive, car M. Schmitz n'a jamais été informé de l'accusation et il n'a pas eu la possibilité de se rendre lui-même devant la justice.
Les visiteurs de la page Megaupload, un vrai géant d'Internet avec 500 millions de visites par jour, ont été accueillis par une annonce de fermeture du site. Le gouvernement américain affirme que la page était responsable de fraude, car elle proposait du contenu protégé sans payer des droits d'auteur. Des films, des séries, des livres et des disques ; le FBI estime que Megaupload a couté 500 millions de dollars aux détenteurs du droit d'auteur.
Du côté des utilisateurs, ce n'est pas trop grave : ils existent d'autres sites pour le téléchargement et le visionnage en ligne partout sur la toile. Ce n'est qu'un retour au début du jeu du chat et de la souris entre les géants comme Sony et Virgin et l'Internet. C'est justement pour éviter ce retour à la case départ que les entreprises veulent faire approuver une loi comme SOPA, pour tuer l'échange de fichiers dans l'œuf.
En revanche, l'attaque au site Megaupload n'a pas plu à la communauté des utilisateurs d'Internet. C'est pourquoi le collectif de hackers Anonymous a pris des représailles, en attaquant 18 pages web, dont le Département de Justice des États-Unis, Universal Music, l'association d'enregistrement de musique (RIAA) et plusieurs pages liées au cinéma d'Hollywood. Ceci représente l'attaque la plus grande dans l'histoire de la toile.
Le collectif a annoncé d'autres attaques dans les jours à venir. Définitivement, 2012 s'annonce comme une année mouvementée…
Megaupload, page illégale
Par Vicente Ulive-Schnell le 20 janv. 2012 06:42:16 - First article
Vicente Ulive-Schnell
Écrivain des romans de fiction en espagnol. Scénariste. Réalisateur de courts-métrages. Journaliste gonzo. Bloggeur. Poète maudit.
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