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Y a-t-il un pilote dans l’avion Google Plus ?

Par Vicente Ulive-Schnell le 4 nov. 2011 14:58:21 - First article

Ceux qui nous lisent savent que nous avons accueilli l’arrivée du réseau social de chez Google, Google Plus, avec beaucoup d’enthousiasme. Le contrôle et l’intromission dans la vie privée que Facebook semblait de plus en plus enclin à exercer nous perturbaient (et nous perturbe). C’est possiblement un problème de perception : c’est-à-dire, il est très probable que Facebook ne soit ni plus ni moins obsessif que Google ou Apple à l’heure de vouloir se procurer nos données pour faire de l’argent avec la publicité. Mais, du côté de la communication et l’image, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, est loin de tirer profit d’une image publique comme celle de Steve Jobs. Ce dernier est perçu comme un visionnaire, un type qui a quitté l’école pour aller en Inde et puis changer nos vies. En revanche, le PDG de Facebook est perçu comme un enfant gâté qui a peut-être volé son idée à d’autres enfants gâtés pour ensuite censurer des profils des femmes avec leurs bébés ou demander accès à nos informations en permanence.

C’est pourquoi Google bénéficiait d’une meilleure appréciation publique. Une entreprise détendue, avec des bureaux confortables où tout le monde à l’air de s’amuser, dont le but était plus scientifique qu’économique (nous parlons des apparences, bien évidemment). La parution du réseau de Google, s’était comme si Apple venait de créer un site web : une entreprise solide, réputée et novatrice qui se lançait dans le monde des réseaux avec la privauté comme fer de lance.

Google Plus est disponible et ouvert au public depuis quelques mois, mais il faut dire que le résultat est assez décevant. Il est loin d’avoir comblé nos atteintes. Voici les raisons.

Manque d’interaction. Bien que Facebook soit un concert chaotique de voix qui crient dans tous les sens, Google Plus est le contraire : c’est le désert total. On a l’impression que personne n’y est et que, lorsqu’on ajoute un lien ou recommande un article, personne ne le lit. C’est comme si notre lien n’avait jamais existé. Je suis content de pouvoir me passer des 30 mille notifications sans intérêt et des photos de bébé prises avec un portable qui nous harcèlent chez Facebook, mais je regrette que l’échange de contenu ne soit pas assez actif.

Manque d’intégration. L’une des raisons pour lesquelles on se sert tellement souvent de Facebook est la facilité à partager un article ou un lien sur le réseau. Le bouton Facebook est partout et il suffit d’appuyer dessus pour ouvrir une fenêtre de partage avec plusieurs options (partager sur le mur d’un ami, envoyer en tant que message, etc.). Ce n’est pas le cas de Google Plus. Parfois, le bouton +1 qui devrait envoyer l’article vers le site n’existe même pas. C’est le cas des applications pour les blogues comme « Add to any », un menu déroulant qui propose, en bas des textes, de les envoyer vers une quinzaine de services. Tous y sont : Delicious, Digg, etc… Sauf Google Plus !

Manque de compatibilité. C’est pourquoi les personnes qui tiennent un journal électronique ou « blog » ont du mal à ajouter le bouton « +1 » en bas de leurs articles. Et il n’y a pas de compatibilité avec les autres réseaux, comme Twitter. Une raison pour laquelle Facebook est si populaire c’est parce qu’il suffit d’installer l’application « Twitter Selectif » pour gérer son profil depuis Twitter. Cela permet d’envoyer des phrases vers Facebook sans aller sur leur page, ce qui nous évite de perdre du temps à lire les nouvelles bidon sur la page d’accueil de Facebook. Puisque Google Plus n’est pas intégré ni aux blogues, ni a Twitter ou Facebook, un article que nous publions sur notre page web devra être envoyée manuellement sur tous les autres réseaux. Ceci n’est pas pratique du tout dans un monde où nous cherchons à réduire le temps et les manipulations avant de partager une information.

Les téléphones portables. Tout ceci fait que l’expérience de partager une information sur un téléphone mobile « intelligent » vers Google Plus soit complètement pénible. Il n’y a pas d’application Google Plus, seulement un raccourci qui lance le navigateur web. Il n’y a pas de bouton pour envoyer du contenu sur le site directement et il n’y a pas d’écran pour lire les nouvelles de nos amis. Google nous oblige à aller systématiquement sur sa page, ce qui, de nos jours, n’est pas du tout pratique avec un téléphone portable.

Il reste encore du temps pour que Google améliore son réseau social. Mais si elle ne veut pas aliéner le public et faire que Google Plus tombe dans l’oubli (comme Buzz ou Wave, par exemple), il faudra beaucoup plus de facilité dans le partage et la lecture du site. Une application ne serait pas une mauvaise idée pour commencer.

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