Ils sont de retour, et ils veulent votre cerveau. C’est, du moins, l’objectif des publicitaires de chez HP : recréer la folie autour de leur tablette mobile, la Touchpad, qui a été propulsée au sommet des ventes la semaine dernière.

Enfin, « ventes », c’est un peu trop dire. Le cout que HP avait fixé pour se « débarrasser » des tablettes était de 100 dollars américains, ce qui veut dire que l’entreprise vendait à perte. Les spécialistes calculent que, juste en tenant compte des couts de fabrication, c’est-à-dire, des composants et du matériel, une tablette HP de 16 Gb représente un investissement d’au moins 300 dollars américains. L’entreprise vendait donc sa tablette 200 dollars moins cher, sans tenir compte des couts de main-d’œuvre et de distribution.

Ceci rajoute encore une couche à la stratégie de communication de l’entreprise, qui a été très approximative dernièrement. Plus personne n’arrive à suivre, on a du mal à comprendre ce que HP veut faire et quels sont ses projets. Les actionnaires doivent être très confus avec cette démarche hasardeuse et déboussolée.

Il y a deux semaines, HP affirmait qu’elle voulait arrêter net sa production de technologie mobile, comme les téléphones intelligents Veer et Pre 3. Soudain, elle affirme aussi ne plus vouloir concurrencer l’iPad, annonçant que sa tablette, la Touchpad, ne serait plus fabriquée. Ceci seulement 49 jours après l’avoir mise au marché. Les rumeurs parlaient de centaines de milliers d’appareils stockés dans les boutiques sans trouver d’acheteur.

Ensuite, HP avait décidé de baisser les prix de ses tablettes à 100 dollars américains pour celle de 16 Gb et 150 dollars pour celle de 32 Gb de mémoire.

Bien évidemment, les gens se sont vautrés sur les tablettes comme des gamins sur des friandises, causant des mouvements de foule et une rupture, presque immédiate, du stock. La plupart d’entre nous avaient pensé que c’était la fin de l’histoire, que HP allait se concentrer sur la vente des licences de son système opératif, webOS, et peut-être essayer de récupérer le marché que l’Android de Google allait certainement abandonner.

Ainsi, maintenant nous apprenons que HP va se remettre à fabriquer des tablettes TouchPad. Quand il y en a plus, il y en a encore. Les morts-vivants quittent leur tombe et reviennent.

Néanmoins, HP n’a pas annoncé le prix de cette nouvelle vague de tablettes et, puisqu’il serait un suicide financier de continuer la vente à 100 dollars d’un produit qui coute au moins 300 pour le fabriquer, il est très probable que HP revienne à son prix « normal » de 400-500 dollars par appareil.

Mais si personne ne voulait de leurs tablettes à 500 dollars américains, pourquoi les voudraient-ils maintenant ? Grâce au coup de pub produit par le rabattage des prix ?

Nous savons tous qu’il y a des produits que nous achetons parce que nous les trouvons très économiques, non pas parce que nous en avons besoin. Personnellement, si je vois une tablette mobile à 100 dollars américains et il n’y a pas trop de queue, je l’achète, pourquoi pas. Mais s’il faut payer 400 ou 500 dollars et que l’on sait que pour la même quantité d’argent on peut acheter un iPad… Voilà, le débat est vite tranché.

Ce qui est bizarre dans toute cette histoire, c’est la stratégie de ventes de HP. Car ses employés ne sont pas dupes (du moins, on les croirait moyennement compétents) et ils doivent savoir que personne ne va acheter le Touchpad si elle est chère. De plus, ils abiment la confiance des acheteurs, en proposant un premier prix (600 dollars), en le rabattant (500 dollars), en annonçant qu’ils vendraient tout à prix de 100 dollars, et ensuite revenant à un autre prix.

Paradoxalement, le Touchpad s’est hissé maintenant au rang de 2e tablette la plus vendue, après l’iPad, ce qui était son objectif depuis le début. Parfois, pour être au sommet, il faut perdre de l’argent.

Écrivain des romans de fiction en français et en espagnol. Scénariste. Réalisateur de courts-métrages. Journaliste gonzo. Bloggeur. Poète maudit. http://www.ghettoparisien.com/ ...




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